Travailler en dropshipping

 

Le dropshipping : c’est quoi et comment ça marche ?

 

Ces derniers temps, on parle de plus en plus du dropshipping comme « la meilleure façon de se lancer en e-commerce », et cet engouement atteint de nombreux vendeurs français, qui en font le cœur de leur business.

Alors, aujourd’hui, j’ai envie de m’attarder sur les fondamentaux de cette pratique, pour vous expliquer simplement ce qu’est le dropshipping, comment ça fonctionne et ce que vous pouvez espérer en retirer pour votre activité de vente.

 

Commençons par définir ce qu’est le dropshipping

 

Lorsque vous faites du e-commerce traditionnel, vous suivez une logique qui ressemble à cela :

– Vous achetez des produits à divers fournisseurs ;

– Vous les stockez chez vous ou dans un entrepôt ;

– Vous les proposez à la vente dans votre boutique en ligne ;

– Vous répondez aux commandes au fil de l’eau et expédiez les articles manuellement ;

– Vous renouvelez vos stocks en fonction des besoins.

Même si votre business grandit et que vous vous faites aider par des prestataires additionnels (avec l’intervention d’un intermédiaire chargé de gérer la manutention, par exemple), dans ce modèle, vous suivez globalement les pratiques d’une boutique physique.

Certes, vous remplacez le lieu de vente matériel par un espace virtuel en ligne, mais votre quotidien de vendeur est assez similaire à celui d’une boutique « normale ».

Avec le dropshipping, cette logique est complètement modifiée.

 

Alors, comment ça marche ?

 

C’est assez simple : vous commercialisez des produits qui ne transitent pas par vous, en servant d’intermédiaire entre le fournisseur et le client final.

Concrètement, voici les étapes correspondant au modèle de la vente en dropshipping :

– Vous sélectionnez des produits chez divers partenaires, selon vos objectifs personnels de vente ;

– Vous les mettez en ligne dans votre propre boutique ;

– Vous recevez les commandes de vos clients, qui vous payent comme d’habitude ;

– Vous payez et faites expédier les articles par le fournisseur, directement chez vos acheteurs.

 

En bref : pas de stockage, pas de manutention, juste des ventes. Votre profit est immédiat, à chaque vente réalisée, puisque vous n’achetez jamais un produit qui n’a pas été préalablement payé par le client.

 

Alors, évidemment, présenté de cette façon, ça semble très facile et on pourrait croire que n’importe qui peut se lancer dans le dropshipping.

 

C’est vrai que le principe n’est pas compliqué à comprendre, mais ça ne veut pas dire qu’il est dépourvu de subtilités.

 

Je vais donc nuancer cette première définition par quelques remarques. D’abord, parlons des avantages et inconvénients les plus évidents.

 

Le dropshipping, comme tout, ça a des avantages … et des inconvénients

 

Commençons par les points forts de ce modèle de e-commerce :

 

– Fini les stocks et tous les coûts associés : vous n’avez pas besoin d’entrepôt, vous pouvez oublier tous les frais de transport/manutention liés aux entrées et sorties des produits dans vos locaux, etc. ;

– Vous n’avez plus à gérer l’affranchissement et les envois de colis, ce qui représente un énorme gain de temps ;

– Vous êtes libéré de tout ce qui concerne l’inventaire des produits et la comptabilité associée ;

– De façon plus générale, vous n’avez plus à vous soucier des variations de stock en temps réel, puisque vous ne vendez que des articles qui ont un statut « disponible » chez le fournisseur.

– Bien sûr, se lancer n’a jamais été aussi simple, puisque vous avez besoin d’un capital de départ ridiculement faible, dans la mesure où vous n’avancez jamais d’argent ;

– Vos coûts fixes peuvent être très faibles (à peine 100 € par mois au démarrage), avec un simple ordinateur comme outil de travail ;

– Votre business peut se gérer de n’importe où, tant que vous êtes en mesure de communiquer via Internet avec vos clients et fournisseurs ;

– Vous êtes en mesure de sélectionner vos articles parmi des millions de choix possibles, ce qui vous permet de créer une boutique extrêmement personnalisée, sans la contrainte de travailler avec quelques fournisseurs ayant accepté de signer un contrat avec vous ;

– Enfin, l’effet de levier d’un tel modèle est évident, puisque votre potentiel de ventes ne dépend plus directement du nombre d’heures que vous passez à gérer manuellement la réception et l’envoi des produits, comme c’est le cas dans le premier mode de vente évoqué.

Ces avantages sont très appréciables et, si vous avez déjà testé un type de e-commerce plus traditionnel, j’imagine que vous êtes en train de vous dire « je veux vendre comme ça ! »

 

Alors attention, le dropshipping est un vrai modèle de business et il y a quand même quelques inconvénients à prendre en compte :

 

– Des marges qui peuvent être faibles, si vous sélectionnez mal vos produits et devez affronter trop de concurrence, ce qui signifie que vous allez devoir passer beaucoup de temps à choisir des articles que vos clients ne trouveront pas partout en deux clics de souris, en vous créant une véritable « niche » ;

– Un suivi qui peut vite devenir très compliqué, si vous n’utilisez pas les bons outils informatiques, puisque vous pouvez potentiellement vous retrouver avec 1 000 fournisseurs qui ont, chacun, leurs pratiques en matière de gestion des inventaires, de frais d’expédition, de politique de retours/échanges, etc. ;

– Des difficultés à mettre en place la grille tarifaire de vos coûts d’expédition, puisque l’un de vos clients peut commander en même temps trois produits dans votre boutique, ces produits correspondants à trois fournisseurs/envois distincts, et que vous allez donc devoir déterminer des prix qui ne sont ni dissuasifs pour votre client ni trop faibles pour vos propres marges ;

– Des risques de mécontentement qui se multiplient avec le nombre de fournisseurs et d’erreurs potentielles (produits de mauvaise qualité, erreurs lors des envois, etc.) et supposent donc que vous devez vous investir tout particulièrement dans la sélection de vos fournisseurs et dans le service client.

Ces inconvénients sont à identifier en amont, avant tout lancement, pour que vous puissiez bien vous organiser et éviter de nombreux déboires par la suite.

 

Quelques clés pour bien réussir son dropshipping  :

 

– Une maîtrise parfaite des « coulisses » de ce e-business ;

– L’utilisation intensive des bons outils, qui simplifient votre activité et permettent une expérience d’achat parfaite pour vos clients ;

– Un goût prononcé pour la relation client, qui va devenir (avec le marketing) votre poste de dépense principal, qu’il s’agisse de temps consacré ou d’argent dépensé pour garantir un haut niveau de satisfaction.

 

Comprendre la chaîne du dropshipping

 

Avant toute chose, voici quelques précisions sur les acteurs de ce modèle de vente, pour que vous compreniez bien qui fait quoi.

Le fabricant : comme son nom l’indique, il fabrique concrètement les articles en amont du processus de vente.

Il est parfois possible d’acheter directement vos produits à un fabricant, au prix le plus bas, mais il vous imposera généralement des quantités minimum, ce qui rend alors caduc tout l’intérêt du dropshipping. Je ne vous conseille donc pas de traiter directement avec lui.

Le grossiste : il s’approvisionne auprès du fabricant pour proposer les produits aux détaillants revendeurs. Son intérêt réside dans le volume d’achat : il commande beaucoup de produits et les écoule petit à petit, en réalisant des économies d’échelle.

Dans le cadre du dropshipping, c’est lui qui va accepter vos commandes et les faire parvenir directement à vos clients… et c’est donc lui qui vous intéresse et que vous allez devoir soigneusement sélectionner.

– Le détaillant : c’est vous !

Via votre boutique en ligne, vous jouez le même rôle qu’une boutique traditionnelle ayant pignon sur rue.

– Le client final : c’est celui qui vient passer commande dans votre boutique en ligne.

 

Vous remarquez donc que le dropshipping n’est pas un rôle opérationnel, mais un service.

 

Car dans l’absolu, fabricant, grossiste et détaillant peuvent techniquement, tous trois, jouer ce rôle de dropshipper.

Mais le fabricant n’y a pas d’intérêt, car son but est de vendre des lots de produits, et le détaillant est également mal placé, car il ne pourra pas proposer de bons prix, puisqu’il n’achète pas directement au fabricant.

En bref, il est logique que l’acte de dropshipping soit effectué, dans 99 % des cas, par le grossiste.

 

C’est bien pourquoi la sélection de ces grossistes est la clef de voûte d’un e-business réussi, à votre niveau.

 

Notez aussi que, du point de vue du client final, l’acte de dropshipping n’existe pas (tout comme le client d’un supermarché ne sait pas, en achetant des piles, par quelle filière concrète elles ont fini sur le présentoir près de la caisse).

Cette « invisibilité » est, bien sûr, à préserver, puisque c’est grâce à elle que vous réalisez vos profits.

Mais elle induit quelque chose d’essentiel que vous ne devez jamais oublier : vous endossez toute la responsabilité de la vente et ses conséquences (marketing, service après-vente, gestion de votre boutique, etc.).

Ceci signifie que, si l’un de vos grossistes se trompe de couleur de T-shirt lors d’un envoi, vous devrez gérer cette erreur de A à Z. Oubliez le « désolé, mon fournisseur est mauvais et a fait une bêtise », en espérant éviter de vous faire taper sur les doigts, car pour vos clients, vous êtes l’unique interlocuteur qui existe.

Le dropshipping sous-entend donc pour le détaillant (vous !), de façon intrinsèque, une forte capacité à prendre des responsabilités en toutes circonstances.

Ceci inclut la mise en place de toutes les mentions légales indispensables dans votre boutique, une politique claire d’échange/retour, une grande disponibilité pour gérer les questions/réclamations, etc.

En résumé, le dropshipping est formidable, mais seulement si vous en acceptez les contraintes particulières !

 

Pour aller plus loin …

 

Dans de futurs articles, je vous présenterai de façon détaillée chacun des pans essentiels du e-business en dropshipping. Car il y a une foule de choses à dire, vous vous en doutez…

Mais pour terminer cette première présentation, voici quelques conseils généraux qui me semblent intéressants à méditer si les grands principes de cette activité vous enthousiasment :

– Tout part de la sélection : celle des produits et des fournisseurs.

De bons produits sont d’excellente qualité, au juste prix pour vos clients, avec une marge intéressante pour vous, et peu susceptibles de générer des réclamations. La plus grosse qualité d’un vendeur qui travaille en dropshipping, c’est justement de trouver les petites pépites que le client final n’a pas le temps de chercher lui-même parmi les millions d’articles disponibles chez les grossistes !

Les fournisseurs, eux, doivent être fiables et compétents, si vous voulez en faire de véritables partenaires dans votre activité. Attention aux milliers d’arnaqueurs qui traînent sur le Web. Je vous apprendrai très prochainement à les repérer et les éviter.

– Votre investissement financier principal : de bons outils.

Oubliez la gestion manuelle de votre catalogue de produits, car le dropshipping peut vous faire passer de trois à plusieurs centaines de ventes par jour en quelques semaines.

Vous allez devoir adopter, dès le début, des logiciels de suivi robustes et capables de vous aider à gérer ce succès potentiel que je vous souhaite. Car ce serait vraiment dommage de torpiller la réputation de votre boutique juste pour avoir lésiné sur des questions d’organisation.

– Ce sur quoi vous devez vous concentrer en priorité : un excellent marketing et un service client haut de gamme.

Je ne m’attarde pas ici sur le marketing, qui est commun à toutes les formes de e-commerce et est un pan évidemment incontournable de l’activité.

Par contre, j’insiste encore une fois sur l’importance du service client et de toutes ses facettes : le dropshipping ne marche très bien, sur la durée, que si vous jouez à la perfection votre rôle d’intermédiaire.

Vous allez devoir beaucoup (et bien !) communiquer, faire preuve de réactivité et de professionnalisme en toutes circonstances, et montrer à vos clients qu’ils n’ont que de bonnes raisons de revenir acheter chez vous… et pas chez vos concurrents éventuels, même quand ils sont un peu moins chers !

J’espère que cette introduction au dropshipping vous aura donné envie d’en savoir plus et je vous donne donc rendez-vous dans de futurs articles, pour apprendre à naviguer sans problèmes dans les eaux parfois un peu troubles de ce e-business passionnant.

À très bientôt !